Jeudi 29 mai 2008
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Depuis plusieurs mois, les mesures gouvernementales se traduisent par une réduction
importante des moyens consacrés à la politique éducative nationale, mais plus largement dans d'autres domaines de l’action publique, au nom de la modernisation de l’Etat (LOLF, RGPP...). Les
annonces récentes sur la révision des programmes de l’école, sur la modification du calendrier scolaire, sur la diminution des moyens budgétaires portent un coup brutal à l'objectif de
démocratisation par l’éducation, prônant au contraire une plus grande sélection et une plus grande efficience du système éducatif, par la promotion des valeurs de concurrence et de libre choix.
Ces orientations portent atteinte directement à un processus d'émancipation de tous les enfants et les jeunes, engagé depuis plusieurs décennies.
Par ailleurs, plusieurs rapports récents montrent que la situation des enfants et des
adolescents en France est loin d'être satisfaisante. Beaucoup plus vulnérables que les adultes, Ils sont directement touchés par les inégalités socio-économiques toujours croissantes qui
entraînent précarité et pauvreté. Certains d'entre eux n'ont même plus accès aux services de base. Aujourd'hui, près de 2 millions d'enfants vivent en dessous du seuil de pauvreté et l'INSEE
recense 16 000 enfants sans domicile fixe! Cet état de fait est d'autant plus insupportable que la production de richesses continue à progresser dans notre pays.
Parce qu'ils considèrent l'éducation comme le premier moteur du développement social,
culturel et économique, Les Francas n’ont cessé de promouvoir la place des enfants et des adolescents dans notre société. L'engagement dans une politique éducative de démocratisation doit être
impérativement renforcé pour répondre aux enjeux du XXIème siècle. II est donc indispensable de réfléchir aux conditions de mise en œuvre, au plus près des territoires de vie des
enfants et des jeunes, de projets éducatifs locaux, capables de prendre en compte les enjeux sociétaux contemporains et les nouveaux besoins des enfants et des jeunes.
Pour répondre à cet objectif, les Francas revendiquent :
• La mise en œuvre au plan national d’une politique éducative sociale et culturelle
ambitieuse, mettant le développement de tous les enfants au centre de ses préoccupations, sans distinction de leur croyance, de leur sexe, de leur origine ou de leur situation administrative, et
s'appuyant sur la redéfinition du rôle de l'Etat dans la déclinaison de cette politique à tous les niveaux territoriaux d'action publique et la mobilisation des moyens afférents.
• La définition de politiques éducatives globales, par l'Etat et les collectivités locales
et territoriales, mobilisant l'ensemble des acteurs et des ressources des territoires, pour élaborer des projets éducatifs locaux adaptés aux contextes de vie des enfants et des jeunes.
• Un renforcement de l’action éducative au plan local, pour garantir aux enfants et aux
adolescents les meilleures conditions de leur épanouissement personnel, et de réussite dans leur vie scolaire, sociale et professionnelle.
• Une prise en compte accrue du rôle des associations, notamment de celles complémentaires
à l'enseignement public, dans la réflexion et la mise en oeuvre des politiques éducatives au plan national comme au plan local.
Fidèles à leur projet, les Francas mobiliseront sur ces questions, du 28 juin au
1er juillet prochain, 2500 acteurs locaux engagés au service de l'éducation dans les territoires.